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5 de dezembro de 2017

Iémen

La guerre conduite par l’Arabie saoudite inflige un véritable carnage au Yémen avec les bombardements, la famine et les épidémies, pourtant, comme le souligne Shireen Al-Adeimi, les présidents Obama et Trump ont tous deux insisté sur le soutien à leurs « alliés » saoudiens dans leurs crimes de guerre.
Le Yémen continue de souffrir en silence tandis que le monde se détourne de sa misère. Malgré deux années et demi d’une guerre cruelle, l’Américain moyen ignore toujours la pénible vérité que les États-Unis ont aidél’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis à détruire un pays souverain qui ne constituait de menace pour personne.
Un quartier de Sanaa, la capitale du Yémen, après une frappe aérienne, le 9 octobre 2015. (Wikipédia)
Alors que les riches états arabes bombardent le pays le plus pauvre du Moyen-Orient et créent la plus grande crise humanitaire au monde et une épidémie de choléra sans précédent, le gouvernement américain (d’abord sous l’administration Obama puis sous celle de Trump) a continué de les appuyer non seulement par la vente d’armes, mais aussi par des ravitaillements en vol, du renseignement ciblé et autres soutiens logistiques.
La communauté internationale a trahi tant de fois les Yéménites – on peut citer par exemple la capitulation de l’ONU sous la pression saoudienne en la retirant de la liste des tueurs d’enfants et en autorisant la coalition menée par l’Arabie saoudite à enquêter elle-même (et se dédouaner) au sujet de tout acte répréhensible. Bien qu’une information sur les crimes de guerre au Yémen ait finalement été acceptée récemment, le mot « enquête » a été abandonné, reste à savoir quels « experts régionaux » composeront le comité.
Mais devons-nous, peuple américain, tourner le dos à la responsabilité de notre gouvernement dans la destruction du Yémen ? Les Yéménites ne cherchent pas refuge en Europe ou en Amérique parce qu’un blocusterrestre, aérien et maritime empêche de faire entrer nourriture et médicaments tout en bloquant les gens. A la différence de ceux qui fuient la guerre en Syrie, les Yéménites sont « loin des yeux, loin du cœur ». Alors ceux d’entre nous qui connaissent le calvaire des Yéménites peuvent se sentir impuissants ou ne pas savoir comment apporter leur aide. La vérité est que nous devons agir et que nous devons agir vite.
Nous ne pouvons plus longtemps rester là à regarder mourir les enfants yéménites de maladies curables comme le choléra (750 000 cas recensés) parce qu’ils n’ont pas accès à l’eau potable. Pas plus que nous ne pouvons rester là à les regarder mourir de faim parce que leurs parents n’ont pas de quoi acheter le peu de nourriture disponible alors que nos greniers regorgent de denrées.
Nous ne pouvons plus regarder les Yéménites, hommes, femmes et enfants, se faire tuer par les frappes aériennes saoudiennes et émiraties, soutenues par les États-Unis, et qui ciblent sans distinction les maisons, les écoles, les enterrements ou les hôpitaux. Nous devons regarder en face le rôle du gouvernement américain dans la création de cette « catastrophe à cause humaine » qui a poussé cette nation déjà ruinée à sa plus extrême limite.
Maintenant, après 30 mois de cette guerre sans but, les États-Unis ont l’opportunité de se retirer définitivement du Yémen. Le Congrès débattra et votera bientôt la « House Concurrent Resolution 81 », une proposition de loi soutenue par les deux partis déposée par les députés Ro Khanna (démocrate, Californie), Thomas Massie (républicain, Kentucky), Mark Pocan (démocrate, Wisconsin) et Walter Jones (républicain, North Carolina), et qui vise à mettre un terme au soutien par les États-Unis de la coalition menée par les Saoudiens au Yémen.
Cette loi pourrait épargner aux Américains d’avoir à regarder en arrière en se demandant ce qui aurait pu être fait pour sauver des millions de gens d’une mort certaine. Elle offre une chance de mettre un terme à cette guerre destructrice en exhortant les dirigeants politiques américains à cesser de soutenir la coalition menée par l’Arabie saoudite, un allié qui a travaillé avec des terroristes pour atteindre ses objectifs, qui a commis et continue de commettre de nombreux crimes de guerre au Yémen.
Shireen Al-Adeimi, un Yéménite Canadien Américain, candidat au doctorat et enseignant à l’université d’Harvard.

Source : Shireen Al-Adeimi, Consortium News, 05-10-2017