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29 de dezembro de 2019

A moeda



Qu’est ce qui nous attend avec la monnaie ?


On n’en a pas fini avec la Libra de Facebook, dont le lancement est toujours prévu en 2020, malgré ses avanies de départ. L’annonce du projet n’a entraîné que… l’annonce du lancement d’une réflexion au sein de la BCE sur l’émission d’une monnaie numérique européenne. Témoignage, tout de même, de la crainte bien fondée d’être dépassé par les évènements, la création monétaire cessant d’être une prérogative réservée aux États.
Après le Bitcoin et ses homologues, les monnaies d’entreprise sont en vue avec la Libra comme précurseur. Les technologies sont disponibles et Facebook n’est pas la seule entreprise à disposer d’un portefeuille de clientèle en ligne étoffé, cette condition du succès. Ce n’est certes pas pour demain matin, mais la monnaie semble condamnée à perdre son statut – objet de tous les fantasmes – pour acquérir celui de simple commodité, et les États à voir un attribut de leur souveraineté leur échapper. Fortes de leur emprise, les entreprises émettant une monnaie numérique ne s’arrêteront pas là et court-circuiteront alors le système bancaire ainsi que tous les intermédiaires financiers.
On savait déjà le niveau insoupçonné de concentration de la propriété des grandes entreprises entre les mains d’un nombre réduit d’entités financières. Aujourd’hui, on assiste au sein de ces dernières à la montée en puissance impressionnante des grands fonds d’investissement, comme BlackRock en est l’exemple achevé. Les obstacles grandissant à la poursuite de la mondialisation et la croissance en baisse attirent toute l’attention au détriment de ces phénomènes qui dessinent le monde de demain. La monnaie numérique des entreprises en sera une des composantes, symbolisant un déplacement de l’exercice du pouvoir. Ne dit-on pas déjà que les représentants des États regardent de plus en plus souvent passer les trains ?
Comme la Libra, ces monnaies auront lors de leur démarrage un fil à la patte et seront probablement indexées sur un panier de devises, gage de leur stabilité. Mais n’est-il pas prévisible que, l’endettement des États aidant, ceux-ci bénéficieront de moins en moins de la confiance, cette vertu cardinale indispensable à leurs monnaies ? Les grandes entreprises numériques pourront alors progressivement prendre le relais avec les leurs, fortes d’une confiance accordée en raison de leur puissance économique.
Seul un sursaut déterminé des banques centrales pourra faire obstacle à la réalisation de ce scénario. Mark Carney, qui va quitter la direction de la Banque d’Angleterre, a bien lancé l’alerte, mais il n’a pas été entendu par une Fed qui se repose sur les lauriers du dollar américain, qui ne sont pas éternels. Et la BCE entre dans une période de réflexion qui s’annonce tourmentée. Selon toute vraisemblance, la Chine lancera en premier sa monnaie numérique, soulignant le retard pris par les autres. Les cartes vont être redistribuées et le dynamisme des grands acteurs d’Internet leur sera profitable. F. L. 

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